Le Moulin de Marie : Un moulin à huile itinérant (Nyons)

Sur-mesure et transparence

Marie (de Venterol) et Bernard (de Mornas) résident sur le plateau des Estangs à proximité de Nyons et Venterol. Leur propriété de 1 200 pieds d’oliviers a une surface de 3,5 hectares répartis à 60% sur la Drôme et 40% sur le Vaucluse. L’entreprise familiale existe depuis 7 ans, elle est partie de zéro qu’il s’agisse des bâtiments (autoconstruction) et des équipements, elle connait cependant une progression régulière et constante de l’activité. Par ailleurs sa certification bio et AOC date de 3 ans.
Outre l’exploitation classique des oliviers, Marie et Bernard Reynaud ont eu l’idée originale d’installer un moulin à l’intérieur d’un camion de 9,5 t comprenant un système d’extraction en continu permettant de produire l’huile des olives. Le Moulin de Marie est ainsi en mesure de se déplacer pour aller à la rencontre des petits et moyens oléiculteurs ne disposant pas d’un moulin à proximité de chez eux. Entre novembre et janvier, le moulin fonctionne 7 jours sur 7, même la nuit, selon les besoins de la clientèle !

Système unique en France, le dispositif mobile permet aux clients d’observer en toute transparence comment leurs olives se transforment en huile. Nouveauté cette année, la possibilité de pouvoir traiter des lots à partir de 100 kg (150 kg avant) grâce à une adaptation de l’équipement (de 2 on est passé à 3 malaxeurs). Même un jardin peut désormais avoir sa propre huile ! Autre innovation 2013, l’embouteillage à façon pour personnaliser sa bouteille.

A la rencontre des clients

Technicien dans une grande société, Bernard est spécialisé dans le domaine de l’huile alimentaire. Il a fait l’acquisition d’un moulin d’occasion (350 kg d’olives à l’heure) pour traiter leur propre production, cependant pour rentabiliser le moulin il fallait trouver des clients extérieurs éloignés des moulins.
Slogan : « Votre huile avec vos olives », le Moulin de Marie organise des tournées, se basant près des points eau et électricité. Les clients arrivent avec leurs olives, les laissent sur place pour les reprendre en fin de journée ou bien observent et aident s’ils le souhaitent. Les olives sont triturées tout de suite.
Parmi la clientèle : les petits qui apportent 100 à 200 kg d’olives, les grosses exploitations qui n’ont pas de moulin à proximité et enfin une nouvelle clientèle qui pratique une culture intensive avec machine à récolter.
Moins de 2 tonnes, le camion se déplace en tournée, au-dessus il vient dans l’exploitation triturer sur place. Sans faire de concurrence déloyale aux moulin traditionnels.
Qualité au top, délais raccourcis, clients satisfaits : le rendement est en ligne avec les moulins fixes sans pour autant nuire à la qualité de l’huile.

Process minutieux et visible

Nettoyage, effeuillage, rinçage, broyage, malaxage, séparation des phases entre solide (pâte) et liquide (eau +huile), centrifugation qui enlève l’eau et les matières en suspension plus lourdes que l’huile, épuration sans besoin de filtrage papier qui éclaircit l’huile mais préserve pas les arômes. On travaille seulement par décantation, après 2 mois, l’huile prend sa bonne température, les particules peuvent précipiter.
Le label bio exige un lavage complet du moulin chaque fin de journée. Bernard préfère faire un maximum de bio. Le bio implique deux contrôles annuels mais n’entraine pas de répercussions sur les prix car Bernard préfère proposer des prix attractifs et faire tourner le moulin davantage (la saison est courte !).

Une envie de moulin

L’idée de mettre le moulin dans un camion est venue après celle du moulin. C’est le seul en France ! Il passe de partout avec 9,5 t, il peut circuler le dimanche et même la nuit. En saison, il leur arrive de passer 6 jours loin de l’exploitation.
Flexibilité, disponibilité, et réactivité passent bien auprès des clients qui sont fidèles à leur fournisseur.
La famille s’occupe de la prospection, des mailings, de la communication, activité difficile pour Bernard et Marie en saison.

Actions pédagogiques

Le moulin est fidèle à sa vocation pédagogique et conviviale qu’il a concrétisé au fil des ans en participant à Aubagne à 2 journées sur le thème de l’olive à la mi-novembre, à St-Paulet-de-Caisson (Gard) à la fête de l’olive le dernier week-end de novembre. Projet : la journée de l’olivier avec la municipalité de Tulette prévue le 7 décembre prochain.

L’avenir

Projet à plus long terme : passer en CUMA (Coopérative d’Utilisation de Matériel Agricole) pour s’associer en vue d’exploiter le moulin collectivement. Cela permettrait de poursuivre l’activité sachant que les enfants ne semblent pas vouloir le faire. 10 t d’olives entraînant 4 000 € de frais de trituration, plusieurs oléiculteurs de taille adaptée pourraient partager le moulin en vue de produire leur huile. Un petit moulin à huile c’est un investissement de 80 000 € donc lourd pour un seul petit exploitant mais rentable à 6-8, idée à suivre…

Article paru dans une édition spéciale de La Tribune (Drôme) le jeudi 23 mai 2013